Carine Burnot

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La reconnaissance

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Dans le monde des affaires, il est maintenant reconnu que la reconnaissance fait partie des bonnes pratiques afin de maintenir l’engagement des employés. Voici une allégorie que j’ai simplifiée et adaptée à la réalité du Québec.

Cette histoire se déroule il y a longtemps…du temps où les ordinateurs et les courriels ne faisaient pas partie de notre quotidien. C’est l’histoire de Madame Roy. Elle est enseignante au primaire. C’était la première journée d’école pour sa classe de 6ième année. Comme beaucoup d’enseignants, elle dit une semi-vérité à ses élèves lorsqu’elle annonça : «je vous aime tous de la même façon». Cependant, alors qu’elle balayait la salle de classe, elle sut qu’elle mentait car là, dans la première rangée, tout affaissé, était un petit garçon du nom de Charles Blanchette. Madame Roy avait remarqué Charles l’année auparavant et voyait qu’il ne jouait pas beaucoup avec les autres enfants, que ses vêtements laissaient à désirer et qu’il avait besoin d’un bon bain. En plus Charles pouvait être très déplaisant. C’en est venu à un point où madame Roy prenait un malin plaisir à corriger ses travaux avec un marqueur rouge et large, à écrire un gros X à côté de ses fautes.

Elle décida un jour de consulter le dossier de Charles et elle eu toute une surprise. Elle y découvrit que Charles n’avait pas toujours été déplaisant. À son entrée à l’école, c’était un élève remarquable que tous les enfants aimaient. Cependant, durant sa scolarité, tout au long du primaire, la mère de Charles était tombée malade, avait été hospitalisée et était décédée…Madame Roy vit Charles sous un autre jour et elle eut honte d’elle-même.

Elle se sentit encore plus mal lorsque ses élèves lui apportèrent des petits cadeaux de Noël enveloppés dans un beau papier tandis que Charles lui apporta un cadeau enveloppé maladroitement dans du gros papier brun provenant d’un sac d’épicerie. Quand elle ouvrit le cadeau de Charles, certains enfants se sont mis à rire en découvrant un bracelet bon marché ayant des morceaux manquants et une bouteille de parfum remplie au quart. Les enfants se turent lorsqu’elle annonça à tous qu’elle adorait le bracelet, elle l’enfila et se mit du parfum au poignet.

 

Charles Blanchette est resté ce jour-là après la classe pour lui dire : «Madame Roy, aujourd’hui, vous aviez la même odeur que ma mère». Une fois tous les enfants partis, elle laissa monter l’émotion contenue toute la journée : des larmes coulaient sur ses joues.

À partir de ce jour, elle donna une attention particulière à Charles. En travaillant plus avec lui, son esprit sembla s’éveiller. Plus elle l’encourageait, plus vite il répondait. À la fin de l’année, Teddy était devenu un des enfants les plus brillants de la classe. Malgré le fait qu’elle avait dit en début d’année qu’elle aimait tous ses élèves de la même manière, Charles était devenu son préféré.

Au cours des années qui s’écoulèrent, elle reçut trois lettres. Charles lui faisait part des différentes étapes parcourues et des succès rencontrés au secondaire, au Cégep puis à l’université Les lettres étaient toujours accompagnées d’une rose et assuraient à Madame Roy qu’elle était toujours le meilleur professeur qu’il n’ait jamais eu et qu’elle était aussi sa préférée. D’ailleurs, dans sa dernière lettre, le nom de Charles était un peu plus long car il avait signé Charles Blanchette Md.

Mais l’histoire ne se termine pas ici !

Il y eut une autre lettre durant l’hiver, toujours accompagnée d’une rose. Charles écrivait qu’il avait rencontré une fille et qu’ils allaient se marier au printemps. Il demanda à madame Roy de bien vouloir l’accompagner à ses noces, car son père était décédé quelques années auparavant. Elle accepta… et savez-vous quoi…elle porta le fameux bracelet et aussi le parfum que lui avait offert Charles, lors du noël de la 6ième année.

Durant la cérémonie, ils ont dansé ensemble et le Dr Blanchette chuchota à l’oreille de madame Roy : «Merci Madame Roy, merci d’avoir cru en moi. Merci énormément de m’avoir fait sentir important et de me montrer que je pouvais faire une différence». Madame Roy, les larmes aux yeux, chuchota à son tour : «Charles, tu te trompes. Tu es celui qui m’a enseigné que je pouvais faire une différence. Tu vois, avant de te connaître, je ne savais pas comment enseigner».