Comment écouter son intuition sans perdre une cliente ?

Faut-il maintenir une entente avec une cliente coûte que coûte ? Quel est l’indicateur qui permet de dire « stop, ça ne marche plus, ni pour elle, ni pour vous » ? Les faits, l’intuition, un mélange des deux ?

De quel type de client on parle ?

Il s’agit de ma première cliente à titre de rédactrice web. Celle qui m’a demandé de rédiger ses infolettres alors que je n’avais pas encore pris conscience d’avoir un talent pour ça ! Vous savez, la personne significative lors d’une réorientation de carrière.

Je carbure aux défis : je dis oui. Nous nous adaptons l’une à l’autre au rythme de 7 à 10 articles par an. La collaboration est au rendez-vous. Notre routine de travail évolue dans le respect et l’ouverture. Nous renouvelons notre entente 2 années de suite.

Fin 2019, après 20 ans en solo, elle forme un duo. Nous continuons de rédiger ensemble pour laisser son collaborateur s’approprier son rôle. Vient le moment où il s’implique dans les communications de l’entreprise. J’en suis ravie : il apporte une dimension complémentaire à nos contenus. L’envers de la médaille ? Les délais sont de plus en plus longs.

De nouveaux mandats occupent nos deux entreprises ; on est moins disponibles. On se structure avec un calendrier de publication.

Mon intuition me murmure

« Es-tu la bonne rédactrice web pour eux ? ». On est au printemps 2021. Je suis surprise, ce message ne reflète pas du tout l’ambiance qui règne entre nous trois. Je dois vérifier. Je ne peux pas lui faire confiance comme ça, les yeux fermés, du premier coup.

(Ça peut être décalé de parler d’intuition dans le monde des affaires. On y parle plus faits, raisonnements et déductions. J’apprends à lui laisser sa place ; je vérifie ensuite si les faits confirment ou infirment).

  • Premier indicateur : nous sommes fin juin, l’infolettre du mois n’est pas finie, elle ne sera pas publiée selon les prévisions.
  • Deuxième indicateur : nous mettons deux mois pour écrire celle du mois d’août : délai exceptionnellement long. De plus, la date de publication a plus de 15 jours de retard.

(Mon offre de service est basée sur la constance ; une des règles d’or pour assurer crédibilité et engagement. Vous savez…quand les babines ne suivent pas les bottines).

Un message de mon intuition et deux faits me suffisent. Et comment résout-on ça ? Ensemble !

Nos avis convergent

Selon moi, les deux derniers articles sont des flops (attention : pas concernant le contenu mais pour la séquence de travail). Mes clients me confirment qu’ils partagent mon point de vue. Nous nous rencontrons en personne, entre six yeux. Voici ce que nous avons en commun :  une confiance établie depuis plusieurs années, ouverture à écouter les autres, volonté de trouver une solution satisfaisante pour tous.

La technique du « feedforward »

Nous nous inspirons en formulant des demandes et proposant des options ou des solutions tournées vers l’avenir (contrairement à la technique du feedback, qui fait un retour sur une situation passée*).

Qu’est-ce qui s’est passé ?

Nous partageons faits et sentiments

Qu’est-ce qu’on apprend ?

Nous sommes sur la même longueur d’onde : on ne peut pas continuer à travailler comme on le fait. Nos environnements ont évolué. À nous de nous adapter.

Qu’est-ce qu’on va faire différemment la prochaine fois ?

Il nous reste à réinventer notre collaboration : comment écrire à trois ? Plusieurs pistes sont émises de part et d’autre. Elles cheminent dans nos têtes, cœurs et corps. Comme on sème des graines.  

Alors, écouter son intuition ou pas ?

Une chose est sûre, je peux répondre à la question de mon intuition : « Oui, je suis toujours leur rédactrice web ». Au-delà des compétences, nous sommes au diapason : nos valeurs sont similaires. Avoir écouté mon intuition nous a amenés ailleurs, plus loin, dans un espace constructif pour nous trois.

  • Et vous, de votre côté, quelle place laissez-vous à votre intuition ?
  • Qu’est-ce qu’elle vous a permis de faire ?
  • Qu’est-ce qui se passe quand vous la négligez ?

———–Sources et références———-

*Article de Geneviève Brouillette : « Feedforward », une alternative au feedback

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